il y a 3 heures
Je me suis réveillée avec le poids du bras de mon mari posé sur ma poitrine, sa respiration régulière contre ma nuque. La toile de la tente luisait d'un orange pâle sous la lumière du matin. Mon corps me paraissait étranger, souillé. J’avais du mal à retenir mes larmes. Le souvenir la nuit m'a submergée. Des mains qui n'étaient pas celles de Daniel, une bouche au goût différent. Le poids de quelqu'un d'autre qui m'enfonçait dans le sac de couchage tandis que mon mari dormait à quelques centimètres de moi. Je n'avais pas dit non, ce n’était pas un viol, mais une acceptation. Je me souviens de la quatrième pénétration, celle qui a pris la virginité de l’endroit inexploré de mon corps.Je mordais dans l’épaule de mon mari pour ne pas crier, griffais ses flans. Toute la nuit, j’ai senti une queue étrangère coulisser dans ma chatte.Cette nuit là, j’ai joui comme jamais. Puis il s’est retiré. C’est là que j’ai senti sa queue contre ma joue, J’ai légèrement tourné mon visage, l’ai prise en bouche juste au moment ou il jouissait. Je sentais son plaisir couler au fond de ma gorge. Quand il est sorti, je calibrais mes lèvres autour de son gland pour avaler la dernière goutte. Daniel a bougé et ma attirée à lui. Il me dit bonjour, m’attira près de lui, me demanda si j’avais bien dormi. Ces gestes m’ont frappés comme une gifle. J’ai forcé un sourire, me suis blottie dans ses bras. Je lui dis qu’il y avait longtemps que je n’avais eu une nuit aussi calme, et que c’est exactement ce dont j’avais besoin. Mon appareil photo à déclenchement automatique était posé à côté du sac de couchage. Daniel me l'avait offert pour mon anniversaire l'année dernière. Il m'avait dit qu'il me fallait un passe-temps qui me permette de sortir. Je lui proposais de nous lever, mais il voulait rester encore un instant, espérant peut-être une gâterie. Mais je ne pouvais pas, pas après ce qu’il s’était passé. Sa main se contenta de dessiner de lents cercles sur ma chatte.
- J'adore t'avoir rien que pour moi. Me murmurait-il.
L'ironie me tordait les entrailles. Je fermais les yeux, essayais d'immortaliser cet instant avant que tout ne bascule, car tout allait basculer. Je le sentais déjà. Les mensonges transforment l'atmosphère entre les gens. Dehors, quelqu'un a ri. Pas Marcus. L'autre. Ma gorge s'est asséchée. Je réalisais alors que je m’étais faites baiser par un inconnu que je croyais être mon mari, mais mon corps ne l’a pas reconnu et l’a accepté.
Marcus a appelé, disant que le café était prêt. Je me suis habillée rapidement, les mains tremblantes en enfilant les vêtements de la veille. Daniel se déplaçait avec son rythme matinal habituel, complètement inconscient que notre monde avait basculé pendant la nuit. Le feu de camp crépitait. Marcus se tenait au-dessus des flammes, remuant quelque chose dans une casserole emboutie. Il leva les yeux quand nous sommes sortis, nous adressant ce sourire facile qui avait charmé Daniel et l'avait amené à devenir son ami il y a quinze ans.
En voyant Daniel s’étirer, il nous demandait si on avait bien dormi. J’aurai voulu répondre, mais les mots sont restés coincés dans ma gorge. Marcus me regardait, ses yeux vert pâle attendant. Le quatrième du groupe, Thomas, un collègue de Marcus, était assis sur un tronc, regardant Daniel d’un air arrogant. Il était déjà prêt, discret, insignifiant. Je vis Marcus et Thomas s’éloigner du feu. Je fis le tour de la tente pour les surprendre assis sur un tronc coupé.
« Je t’avais dit que je la baiserai, chuchotait Thomas. »
« Non, s’étouffa Marcus, t’as pas fait ça ? »
« Comme je te dis mec,je l’ai prise quatre fois, je l’ai sodomisée, elle m’a sucé, avalé. Et tu sais quoi, j’aurai pu continuer, je suis sûr qu’elle en voulait encore. Putain qu’elle est bonne. »
Je restais figé, absorbant difficilement ces paroles. Puis vint le coup de poing.
« Regarde, poursuivit Thomas, j’ai récupérer son appareil photos. Il s’est déclenché plusieurs fois cette nuit. J’attends d’être plus tranquille pour les regarder. Je te montrerais si tu veux. »
« Fais pas le con, Thomas, efface les, s’il te plaît...tu vas tout briser. »
Je vis Thomas hocher la tête négativement, puis les deux hommes se sont dirigés vers le feu de camp. J’ai regagné la tente, me suis effondrée sur le duvet, celui de la trahison, celui sur lequel je me suis faite baiser à quatre reprises, pour autant d’orgasmes. La culpabilité me rongeais, me demandant comment réagirait Daniel si l’apprenait ça.
Nous avions à peine échangé quelques mots pendant le trajet. Il hocha la tête quand je le regardais. Rien de plus. Daniel en consultait sa montre, disant qu’on devait partir bientôt. J’ai versé du café de la cafetière de Marcus. Mes mains étaient désormais plus sûres. La routine du démontage du campement m’a aidée. Rouler les sacs de couchage, démonter la tente, des tâches ordinaires ne nécessitant aucun mot. ,
Thomas, souriait sournoisement, aidait Daniel à charger la voiture pendant que Marcus éteignait le feu. De la vapeur s’élevait des cendres. Marcus reconnu que c’était un super week-end, qu’on devait le refaire. J'acquiesçais, la voix tremblante. La forêt paraissait différente à la lumière du jour, moins mystérieuse, juste des arbres, de la terre et le bruit des portières qui claquaient. Daniel conduisait tandis que je regardais par la fenêtre passager. La route serpentait à travers des pinèdes, nous ramenant à notre vie habituelle. En fouillant dans le sac, je découvris mon appareil photos. Dans le rétroviseur, Marcus somnolait sur la banquette arrière. Thomas faisait défiler son téléphone. J’ai de suite pensé qu’il y avait transféra les photos.
Daniel me trouva silencieuse, pensive.
C’est vrai que je pensais, à tout. Au poids du corps de quelqu'un d'autre, à la queue dans ma chatte qui n’arrêtait pas de me faire jouir, au goût du sperme dans ma bouche. Le goût de la trahison. La peur que Thomas balance tout, ou pire, qu’il me fasse chanter.
Le lendemain à la maison, j’ai fait remarquer à Daniel que j’avais trouvé Marcus différent pendant ce voyage. Daniel leva les yeux de son rangement de matériel de camping. Il me dit qu’il traversait une période difficile. Son divorce avec Sarah a été prononcé le mois dernier. Puis je lui parlais de Thomas, lui demandais s’il le connaissait, s’il lui faisait confiance. Daniel fronça les sourcils, trouvant ma question étrange. Il dit que c’était l’ami de Marcus, pas le sien, qu’il le trouvait arrogant, qu’il n’y avait aucune affinité entre eux.
Puis Daniel me demanda s’il y avait un problème. La façon dont il a prononcé ces mots, avec délicatesse et inquiétude, m'a presque fait craquer. J'avais envie de tout lui dire, de me jeter dans ses bras et de tout lui avouer, et de le laisser décider de la suite. Au lieu de ça, j'ai souri, simplement. Il est arrivé derrière moi et m'a enlacée, dit qu’on devrait prévoir un autre voyage bientôt. Peut-être juste tous les deux la prochaine fois. Je me suis appuyée contre sa poitrine, sentais son cœur battre régulièrement et fort. « Peut-être ». Mais je savais qu'il n'y aurait pas de prochaine fois. Pas après ça.
Daniel dormait à côté de moi, un bras jeté sur les oreillers. Je suis restée éveillée, fixant le plafond, repassant en boucle chaque instant torride de cette nuit du camping. Le feu qui s'éteint, Daniel qui s'endort le premier, comme toujours. Le bruit de quelqu'un qui bougeait à l'extérieur de notre tente. J'ai supposé que c'était Marcus qui allait se soulager dans les bois. Puis la fermeture éclair de la tente, si silencieuse au point de l’ignorée. Une ombre contre la paroi de la tente. Daniel qui revenait des toilettes.
La réalisation aurait dû m'arrêter, aurait dû me faire crier, me battre ou courir. Au lieu de cela, je suis restée silencieuse. J'ai laissé faire. J'ai participé, j’ai pris énormément de plaisir. Pourquoi ? Dans l'obscurité, je pouvais faire comme si c'était une nuit blanche comme beaucoup d’autres, d'autres crises d'angoisse ou de stress. Mais mon corps se souvenait du poids de quelqu'un d'autres. Des mains plus rugueuses que celles de Daniel, d(une queue plus grosse, des pénétrations plus subtiles. Puis le plaisir, le sien soufflé dans mon cou, la mien étouffée dans l’oreiller. Une voix murmurait mon nom à l’oreille. À qui appartenait cette voix ?
La question tournait dans ma tête. Marcus, qui savait où nous avions planté notre tente, qui avait divorcé, seul et peut-être désespéré, ou Thomas, le silencieux, l’arrogant, Thomas, qui observait tout sans rien dire. Je me suis glissée hors du lit, j'ai marché jusqu'à la cuisine, préparé un thé dont je n'avais pas envie, juste pour occuper mes mains. Le réveil de Daniel a sonné à six heures trente, comme tous les jours. J'étais réveillé depuis des heures, à regarder le temps défiler sur le radio-réveil. Il trouvais que je m’étais levée tôt. Il se versa son café, me rejoint au salon. Il me dit ne pas arrêter de penser au week-end, espérant que ce ne soit que des pensées positives. Les mots sortirent de ma bouche. Je lui demandais quelle décision il prendrait si, juste hypothétiquement, quelque chose s’était produit dont il n'était pas au courant ? Si je lui disais quelque chose qui changerait la façon dont il me vois. Il s'arrêta, le couteau à mi-chemin du pot, me demandant ce que je voulais dire. Mon cœur battait la chamade. C'était ça. Le moment qui allait définir tout ce qui allait suivre. Daniel posa son couteau et se tourna complètement vers moi. La lumière du matin faisait ressortir ses cheveux gris, ses rides autour de ses yeux, invisible lors de notre mariage. Les mots me brûlaient les lèvres, lourds et tranchants. Je les sentais prendre forme, prêts à jaillir et à détruire tout ce que nous avions construit. Hypothétiquement, il me dit qu’il aimerais que je lui dise. On s’était promis l'honnêteté, respecter nos vœux de mariage, pour le meilleur et pour le pire, dans la maladie et la santé, la trahison ou la fidélité. Je coupais court, lui disant que je devais aller travailler. Daniel m'a regardée partir, la confusion se lisant clairement sur son visage. Arrivée à la porte, je me suis retournée. Il se tenait dans la cuisine, une tasse de café à la main, incarnant tout ce que j'étais sur le point de perdre. Le choix s’ouvrait devant moi comme le bord d'une falaise. Vérité ou silence ? Avouer ou mentir ? Alors que j’étais en train de traiter un dossier, mon téléphone vibra. Un S M S. Le nom de Thomas s’affichant à l’écran m’a donné un mauvais pressentiment. Je ne l’est pas ouvert. Le dossier exigeait des réponses auxquelles je ne pouvais pas répondre. Tout comme mon mariage exigeait désormais une vérité que je ne pouvais pas dire. Je m’affalais sur mon fauteuil, repassant les évènements de cette nuit, mon corps inconscient se soumettant au plaisir d’un autre homme. Cinq minutes plus tard, un nouveau appel. « Rebecca. » Sa voix était différente. Forte. « Thomas ? » Il me dit qu’il fallait qu'on se voit discrètement. . Un silence si long que je me suis demandé s'il avait raccroché. Je lui dis que je ne pensais pas que ce soit une bonne idée. « Dans dix minutes au bar en face ton bureau. Tu peux venir ou non, c’est toi qui vois. » La communication fut coupée. Affalée sur le fauteuil de mon bureau, je repassais les évènements de cette nuit, mon corps inconscient se soumettant à quatre reprises au plaisir d’un autre homme. Cinq minutes plus tard, un nouveau message. Je fixais mon téléphone, les mains tremblantes tandis que je rangeais mes affaires. Daniel. « Dîner à dix neuf heures. Je prépare ton plat préféré. » Je ne répondis pas. Le trajet jusqu'au parking me parut interminable. Chaque étage était un compte à rebours avant le moment où je devrais de nouveau affronter Daniel. Il devait être dans la cuisine à cette heure-ci, les manches retroussées, probablement en train de chanter en même temps que la musique qui passait sur son téléphone. Le même homme qui m'avait serrée dans ses bras ce matin et qui m'avait promis qu'on organiserait bientôt un autre week-end. Le même homme que j'étais sur le point de détruire. J'ai retrouvé Thomas au café. Il était dans un coin, assis sur une banquette, les mains serrant une tasse froide depuis des heures. Le charme naturel apparaissait toujours sur son visage. Je lui dis que j’étais pressée, que mon mari m’attendais. Il sourit, toujours le même sourire arrogant. Il me dit de l’appelait, que je rentrerais tard ce soir. Je quittais l’hôtel deux heures plus tard, après m’être offerte sans retenue. Thomas était un amant exceptionnel, me prenant dans toutes les positions, fellation pénétration, n’épargnant aucun orifice, me faisant jouir comme jamais. J’avais retrouvé là l’inconnu qui m’avait baisée sous la tente. Je lui demandais si l’avait l’intention de me donner les photos. Pour seule réponse, je n’eus droit qu’à un tendre baiser sur les lèvres. Sur le trajet de retour, je sentais les larmes coulaient sur mes joues, se mêlant au goût du sperme. Je trouvais Daniel dans le salon, en train de corriger des copies sur le canapé. Il me demanda comment s'était passée ta journée. J'étais assise en face de lui, les mains jointes sur les genoux. La télécommande était posée sur la table basse. Je pris une grande inspiration, lui dis que j’avais quelque chose à lui dire. Quelque chose dans ma voix lui fit lever les yeux. « Quoi, » Les mots que j’avais répétés tout l’après-midi s’évaporèrent. Je restais là, bouche bée, cherchant désespérément comment commencer à détruire notre vie. Je ne parla pas de l’hôtel. « Le camping. » J’y suis finalement parvenue dire. Son visage s’adoucit. Il savait que ce n’était pas mon préféré, mais il pensais qu’on passerait un bon moment. Je lui dis que quelqu’un est entré dans notre tente cette nuit-là. Il fronça les sourcils, me demandant ce que voulais dire. Je lui racontais ce qu’il s’était passé pendant qu’il dormait, alors que je pensais qu’il était aux toilettes. Je n’ai réalisé que lorsque...Daniel leva la main, je n’ai pu finir ma phrase. « Jusqu'à quoi ? Jusqu'à ce qu'il soit trop tard » Un silence pesant s'installa entre nous. « Qui ? La voix de Daniel n'était qu'un murmure. Je citais Thomas. Il se leva brusquement, et se mit à arpenter la pièce. Ce type discret, l'ami de Marcus, celui avec qui il n’avait aucune affinité et qui avait baisé sa femme. Il me demanda pourquoi je ne l’avais pas arrêté. La question que je redoutais, celle sans réponse. Je lui dis que je pensais que c'était lui, mais les mots sonnaient creux, même pour moi. Daniel cessa de faire les cent pas et se tourna vers moi, me demanda pendant combien de temps. Combien de temps avant que je m’aperçoive que ce n'était pas lui. La vérité me serrait la gorge comme du verre brisé, car je le savais. Au fond de moi, je le savais et pourtant, je ne l'avais pas arrêté. Combien de temps ? Je n'arrivais pas à le regarder dans les yeux. Je dis que je ne savais pas. Une heure, peut-être plus. Il m’a demandais si j’avais pris du plaisir. Je lui ai répondu qu’il avait su m’en donné. II l’a demandé combien de fois j’avais joui. J’avais décidé d’être honnête, de tout lui avouer, même si c’était dur. Quatre fois, L’as-tu sucé...oui le coupais-je, et avalé... Daniel dormait dans la chambre d'amis. J'étais allongée seule dans notre lit, fixant le plafond, écoutant le calme qui régnait dans la maison. Trois jours s'étaient écoulés depuis mes aveux. Trois jours de silence, de repas séparés et de la chorégraphie soigneusement orchestrée par deux personnes partageant l'espace en évitant tout contact. Il avait appelé son travail pour dire qu'il était malade. J'avais fait de même. On errait dans la maison tel des fantômes, hantant la vie qu'on avait. Mon téléphone vibra. Un SMS de Thomas. « Demain quinze heures, même hôtel. » Je le supprimais sans répondre. En bas, j'entendis Daniel s'affairer dans la cuisine, préparant du café. Probablement la même routine matinale que nous partagions depuis vingt ans, désormais accomplie en solitaire. Je me suis habillée discrètement et suis descendue à pas de loup. Il se tenait au comptoir, dos à moi, les épaules tendues par la tension. Il ne s'est pas retourné quand je lui ai demandé si on pouvait parler. Il me demanda s’il y avait quoi que ce soit à dire. Le ton définitif de sa voix m'a frappée comme un coup de poing. Je m'attendais à de la colère, des accusations, voire de la violence, pas à ce rejet glacial. Il me dit qu’il avait vu un avocat. Les mots planaient dans l'air de la cuisine, lourds comme de la fumée. Le bureau du médiateur sentait le café et la déception. Daniel était assis en face de moi à la table polie, son avocat à ses côtés. Mon propre avocat feuilletait des papiers. Je regardais Daniel, le dévisageais vraiment. Ses tempes étaient grisonnantes. De nouvelles rides encadraient sa bouche. Quand était-il devenu si fatigué ? L'appareil photo était dans mon sac, ce cadeau d'anniversaire devenu maintenant la preuve de ma trahison.Je l'avais apporté aujourd'hui pour des raisons que je ne pouvais pas exprimer. Peut-être comme un rappel de ce que nous étions avant que tout ne bascule. Nous avions partagé vingt ans avec une précision chirurgicale. Les assurances vie que nous avions souscrites quand nous croyions encore à l'éternité, les comptes. Puis Daniel partit, me laissant seule. Dehors, la pluie commença à tomber. Je reçu un message de Thomas, fixant un rendez-vous. Je lai ignoré et bloqué son numéro. J'ai pris l'appareil photo, je l'ai retourné entre mes mains. Un si petit objet pour immortaliser un effondrement si brutal. Le déclencheur cliqua une fois, capturant mon seul reflet dans la vitre.
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